vendredi 10 avril 2015

Et je danse aussi; Anne-Laure Bondoux/ Jean-Claude Mourlevat

Quand deux auteurs estampillés "jeunesse" se lancent dans l'écriture d'un livre à deux mains ça donne une petite merveille de roman épistolaire!
C'est l'histoire d'un écrivain qui reçoit un beau jour un mystérieux colis. Persuadé qu'on lui envoie encore un manuscrit, il ne l'ouvre pas mais, comme l'expéditrice a laissé son adresse mail derrière le pli, il lui écrit. Entre Pierre-Marie, l'écrivain en panne d'inspiration, et Adeline, la Sarthoise, se dessine au fil des messages, une relation. 
Les oiseaux chantent, le soleil brille, les jonquilles pointent le bout du nez: à cette ambiance printanière (et pour certains, vacancière), on vous conseille chaudement l'addition de cette jolie lecture.

 Jean. 





samedi 4 avril 2015

Chroniques du temps présent II; Luc Ferry

Une très bonne amie m’a offert ce volume, acheté dans ma librairie préférée.
C’est un recueil de chroniques publiés dans “Le Figaro” de 2011 à 2014. Luc Ferry ne va pas par quatre chemins, tout comme le journal dans lequel il publie, il est indubitablement et décidément de droite. Ceci n’enlève rien à la qualité de ses propos, même du point de vu d’un lecteur portant le cœur à gauche.
L’ensemble des grand sujets d’actualité est passé en revue: Art contemporain, éducation, évolution de la Gauche, comment vieillir, religions, port du voile, mariage gay.... Chaque sujet est traité en moins de 3 pages, les prises de position sont claires, érudition et grande culture générale transpirent entre les lignes. Un authentique régal!!! *****
Les 383 pages peuvent se lire d’un seul trait ou par petits bout, en ordre dispersé, au gré des sujets traités. Un beau cadeau pour tous ceux qui aiment l’actualité.
HPK

jeudi 2 avril 2015

Tout Peut Changer; Naomi Klein

La journaliste canadienne n’est pas une inconnue. Ces livres précédents, No Logo *****, sur la tyrannie des marques et La Stratégie de Choc*****, sur le capitalisme néolibéral déchaîné de Milton Friedmann, ont été dévorés par des millions de lecteurs dans le monde entier.
Son apparence, un peu fragile, trompe. Klein est une militante passionnée et hargneuse, une enquêtrice méticuleuse, une chroniqueuse qui prend son sujet à la gorge et ne le lâche jamais. Cette fois, elle se jette sur le changement climatique et son associé, le capitalisme débridé.
Ainsi son livre documente les effets dévastateurs de la surexploitation des ressources d’énergies fossiles sur des vastes régions d’Amérique du Nord et sur leurs habitants. Klein nous parle des promesses hypocrites des grandes compagnies pétrolières, du combat inégal entre les populations et les intérêts financiers gigantesques. Sa prose puissante nous secoue, nous fait réfléchir. Elle met la pression, il est temps d’agir sinon...
Oui, tout peut changer! En meilleur ou en pire???

Tout Peut Changer est une lecture ****, indispensable pour tous ceux qui veulent “sauver la planète”. Pour tous les autres ce livre est hautement recommandable.
HPK

lundi 30 mars 2015

Le Voleur de Livres; Alessandro Tota, Pierre Van Hove

En 1953, Daniel Brodin, un jeune étudiant en droit qui ne rêve que de littérature, se fait remarquer par le Tout-Paris en déclamant lors d'une soirée un poème révolutionnaire. C'est un triomphe. Seul problème: le texte n'est pas de lui, mais d'un obscur poète italien. De fil en aiguille, Brodin va se lier à un groupe de marginaux qui vont l'initier à une autre façon de vivre.  
On peut toujours compter sur la maison Futuropolis pour sortir des romans graphiques d'une qualité rare, jusqu'au papier (ici un Munken Pure 130g, les mains perçoivent la différence). J'ai tellement aimé Le Voleur de Livres que je l'ai lu deux fois de suite, avec avidité. 
C'est une ballade dans le Paris d'après-guerre, avec ses lieux connus (la mythique librairie Le Minotaure) et ses grandes figures (Sartre et de Beauvoir, René Char, Gaston Gallimard). La mécanique romanesque repose sur la confrontation entre deux milieux perméables: des "bourgeois-bohèmes" d'un côté et, de l'autre, une bande de voyous qui ne rêve que de bousculer la bonne société. Entre eux deux, le personnage principal, qui visait l'un des deux milieux mais se retrouve finalement dans l'autre. C'est un roman d'initiation, où Brodin, le provincial, va s'initier à tous les vices que peut offrir la capitale. A travers ses yeux, le lecteur découvre ce monde si singulier. Plaisir de lecteur enfin, où notre mémoire visuelle est sans cesse sollicitée: là c'est un sosie de Paco de Lucia qui gratte dans une cave, là, un second rôle qui ressemble étrangement à un jeune Depardieu, période Claude Sautet.
Un régal on vous dit!

Jean.


vendredi 27 mars 2015

On entend l’arbre tomber mais pas la forêt pousser; Nicolas Bouzou

Pour mettre les choses au clair dès le départ: ***** Sans aucune hésitation!
 
Ceux qui suivent l’actualité économique connaissent l’auteur, invité fréquent sur les plateaux de télévision et dans les “talk shows”, économiste à l’élocution supersonique et engagée.
 
Le titre, un proverbe touareg, dénonce un malaise de la société médiatisée: Les mauvaises nouvelles font du bruit, les bonnes restent inaudibles.
 
Nicolas Bouzou invite le lecteur à un fascinant voyage à travers l’histoire du progrès technique et les conséquences qu’il amène. Ainsi l’histoire de l’économie n’est pas faite de “changements dans la continuité”. Des ruptures secouent le corps social, l’industrie, la finance, la politique, quand un monde “ancien” tombe en ruines pour que le monde nouveau puisse émerger. Cette “destruction créatrice” est douloureuse mais aussi pleine de promesses.
 
Le livre est un plaidoyer passionné pour l’innovation et la croissance, un regard réaliste sur le présent, plein d’espoir sur l’avenir.
 
M. Kuhn


mardi 17 mars 2015

Academy Street; Mary Costello


Tout commence dans la campagne irlandaise des années 40, Tess est une petite fille de sept ans dont on comprend vite que la maman vient de mourir de la tuberculose. Le roman raconte l'enfance de Tess en Irlande puis sa vie aux États-Unis où elle part rejoindre sa sœur aînée.
Il y a des livres qui vous laissent indifférents, et il y a les autres. Ce portrait de femme en quête de l'amour dont la vie l'a sevré trop jeune frappe par sa justesse. On se laisse porter par une langue poétique qui charrie un flot d'émotions contradictoires, jusqu'à une conclusion lumineuse. Un roman puissant et inoubliable.


jeudi 12 mars 2015

Dans la Peau d’une Djihadiste; Anne Erelle

Le blog ouvre ses pages aux amis de la librairie, et de coup de cœur aujourd'hui, il s'agit plutôt d'un coup de griffe. Rappelons que l'avis développé n'engage que son auteur. 

Le lecteur, avide d’information sur les motivations des djihadistes, sur les méthodes machiavéliques de recrutement, se trouve projeté dans l’univers d’une jeune pigiste travaillant pour un journal parisien. Dans le cadre de son enquête elle prend la fausse identité d’une convertie à l’islam, panoplie vestimentaire incluse et plonge dans les profondeurs de l’internet, à la recherche de l’âme sœur.
Dans l’intimité des “chat-rooms” virtuels, un candidat ne tarde pas à matérialiser. Sur skype elle découvre un homme imposant, basané avec lunettes de soleil grande marque. Le prétendant doit se contenter du peu que le niqab de sa belle laisse apparaître.
Les conversations tournent autour des bonnes conditions de vie des femmes dans l’état islamiste, de l’héroïsme du djihad et d’une prochaine réunion du couple, l’héroïne se complaisant à jouer la vierge effarouchée.
Les tribulations de la pigiste trouvent leur apogée dans une crise d’identité, induite par sa double personnalité.
  
Circulez, il n’y a rien à voir. Ce bouquin est écrit à la va vite, ni documentaire ni thriller. Grossière erreur marketing d’un éditeur qui voulait profiter d’une actualité horrible.

M. Kuhn