samedi 9 mai 2015

Piège Nuptial; Douglas Kennedy

Ce petit livre est un authentique bijou. L’auteur est un voltigeur du deuxième degré qui réussit, avec aisance, le grand écart entre l’horreur noire et le comique désopilant.
Un journaliste américain frustré, instable se rend en Australie pour prendre de l’air. Echoué dans le haut nord, à Darwin, il achète un véhicule délabré et part dans l’immensité insondable du outback. Au bord de la route il rencontre une grande, blonde, autostoppeuse. Après quelques parties de jambes en l’air sportives, elle lui dit: “Tu feras l’affaire.” Le “Piège Nuptial” se ferme alors irrémédiablement.
Si cette histoire est complètement invraisemblable, elle paraît pourtant possible au lecteur qui s’est déjà frotté aux grandes étendues désolantes du “down under” et à la mentalité singulière de leurs habitants clairsemés.
La traduction est très réussie, la lecture jubilatoire.
Un excellent *****
HPK

mercredi 6 mai 2015

Au moins il ne pleut pas; Paula Jacques

Solly et Lola, frère et sœur, débarquent à Israël en espérant une vie meilleure qu’en Égypte. Ils sont alors hébergés chez deux femmes, au caractère bien trempé, rescapées du camp de Ravensbrück. Très vite les non-dits s’installent … 

Un roman passionnant, dense, qui fait passer le lecteur du rire aux larmes et qui montre les difficultés de l’Israël des années 60 : un état en construction.

Vous connaissez peut-être Paula Jacques pour ses chroniques sur France Inter, découvrez, si ce n’est déjà le cas, ses talents d’écriture.

TRÈS RÉUSSI !!                                                

Hélène

lundi 4 mai 2015

Baronne Blixen; Dominique de Saint Pern

Cette biographie s’adresse à des publics bien ciblés: A la niche des inconditionnels du chef d’œuvre de Sidney Pollack, “Out of Africa” et plus largement, à tout ceux qui aiment des destins de femmes hors du commun.
L’histoire est racontée de la perspective de Clara Svendsen, bonne à tout faire, accompagnatrice, secrétaire et confidente de la baronne pendant de longues années après son retour d’Afrique.
La première partie projette le lecteur dans le Kenya de l’époque coloniale. Chaque page respire le souffle épique du film: Une peinture monumentale d’un attachement profond à L’Afrique, de la relation amoureuse avec un homme providentiel, si proche de Karen et pourtant inatteignable dans la cage dorée de sa liberté. J’ai revu les images, j’ai entendu les dialogues et la musique d’un film que j’ai vu maintes fois. J’étais ému!
La deuxième partie retrace sa “carrière” d’écrivain, son itinéraire dans les salons de la bourgeoisie cultivé danoise, ses intrigues... Cependant, l’amour d’Afrique ne l’a jamais quitté.
Reste l’image d’une femme qui a vécu pleinement, avec ses propres contradictions et celles des autres.
Je donne ****
HPK

vendredi 10 avril 2015

Et je danse aussi; Anne-Laure Bondoux/ Jean-Claude Mourlevat

 
 Quand deux auteurs estampillés "jeunesse" se lancent dans l'écriture d'un livre à deux mains ça donne une petite merveille de roman épistolaire!
C'est l'histoire d'un écrivain qui reçoit un beau jour un mystérieux colis. Persuadé qu'on lui envoie encore un manuscrit, il ne l'ouvre pas mais, comme l'expéditrice a laissé son adresse mail derrière le pli, il lui écrit. Entre Pierre-Marie, l'écrivain en panne d'inspiration, et Adeline, la Sarthoise, se dessine au fil des messages, une relation. 
Les oiseaux chantent, le soleil brille, les jonquilles pointent le bout du nez: à cette ambiance printanière (et pour certains, vacancière), on vous conseille chaudement l'addition de cette jolie lecture.

 Jean. 





samedi 4 avril 2015

Chroniques du temps présent II; Luc Ferry


Une très bonne amie m’a offert ce volume, acheté dans ma librairie préférée.
C’est un recueil de chroniques publiés dans “Le Figaro” de 2011 à 2014. Luc Ferry ne va pas par quatre chemins, tout comme le journal dans lequel il publie, il est indubitablement et décidément de droite. Ceci n’enlève rien à la qualité de ses propos, même du point de vu d’un lecteur portant le cœur à gauche.
L’ensemble des grand sujets d’actualité est passé en revue: Art contemporain, éducation, évolution de la Gauche, comment vieillir, religions, port du voile, mariage gay.... Chaque sujet est traité en moins de 3 pages, les prises de position sont claires, érudition et grande culture générale transpirent entre les lignes. Un authentique régal!!! *****
Les 383 pages peuvent se lire d’un seul trait ou par petits bout, en ordre dispersé, au gré des sujets traités. Un beau cadeau pour tous ceux qui aiment l’actualité.
HPK

jeudi 2 avril 2015

Tout Peut Changer; Naomi Klein


La journaliste canadienne n’est pas une inconnue. Ces livres précédents, No Logo *****, sur la tyrannie des marques et La Stratégie de Choc*****, sur le capitalisme néolibéral déchaîné de Milton Friedmann, ont été dévorés par des millions de lecteurs dans le monde entier.
Son apparence, un peu fragile, trompe. Klein est une militante passionnée et hargneuse, une enquêtrice méticuleuse, une chroniqueuse qui prend son sujet à la gorge et ne le lâche jamais. Cette fois, elle se jette sur le changement climatique et son associé, le capitalisme débridé.
Ainsi son livre documente les effets dévastateurs de la surexploitation des ressources d’énergies fossiles sur des vastes régions d’Amérique du Nord et sur leurs habitants. Klein nous parle des promesses hypocrites des grandes compagnies pétrolières, du combat inégal entre les populations et les intérêts financiers gigantesques. Sa prose puissante nous secoue, nous fait réfléchir. Elle met la pression, il est temps d’agir sinon...
Oui, tout peut changer! En meilleur ou en pire???

Tout Peut Changer est une lecture ****, indispensable pour tous ceux qui veulent “sauver la planète”. Pour tous les autres ce livre est hautement recommandable.
HPK

lundi 30 mars 2015

Le Voleur de Livres; Alessandro Tota, Pierre Van Hove

 
En 1953, Daniel Brodin, un jeune étudiant en droit qui ne rêve que de littérature, se fait remarquer par le Tout-Paris en déclamant lors d'une soirée un poème révolutionnaire. C'est un triomphe. Seul problème: le texte n'est pas de lui, mais d'un obscur poète italien. De fil en aiguille, Brodin va se lier à un groupe de marginaux qui vont l'initier à une autre façon de vivre.  
On peut toujours compter sur la maison Futuropolis pour sortir des romans graphiques d'une qualité rare, jusqu'au papier (ici un Munken Pure 130g, les mains perçoivent la différence). J'ai tellement aimé Le Voleur de Livres que je l'ai lu deux fois de suite, avec avidité. 
C'est une ballade dans le Paris d'après-guerre, avec ses lieux connus (la mythique librairie Le Minotaure) et ses grandes figures (Sartre et de Beauvoir, René Char, Gaston Gallimard). La mécanique romanesque repose sur la confrontation entre deux milieux perméables: des "bourgeois-bohèmes" d'un côté et, de l'autre, une bande de voyous qui ne rêve que de bousculer la bonne société. Entre eux deux, le personnage principal, qui visait l'un des deux milieux mais se retrouve finalement dans l'autre. C'est un roman d'initiation, où Brodin, le provincial, va s'initier à tous les vices que peut offrir la capitale. A travers ses yeux, le lecteur découvre ce monde si singulier. Plaisir de lecteur enfin, où notre mémoire visuelle est sans cesse sollicitée: là c'est un sosie de Paco de Lucia qui gratte dans une cave, là, un second rôle qui ressemble étrangement à un jeune Depardieu, période Claude Sautet.
Un régal on vous dit!

Jean.