mercredi 25 novembre 2015

Vieux Râleur et Suicidaire; Fredrik Backmann

Une chose est certaine, les Suédois ne sont pas uniquement des spécialistes du polar. Nous le savons depuis le succès planétaire du bestseller de Jonas Jonasson: Le Vieux qui ne voulait pas fêter son Anniversaire.
Frederik Backman surfe aussi sur la vague des séniors “héroïques”. Ove est un vieux grincheux, aigri par une mise en retraite précoce, esseulé depuis la mort de son épouse, à cheval sur des principes d’antan. Misanthrope, en guerre contre l’administration et les fonctionnaires, il méprise les “chemises blanches”, les protagonistes du numérique en costume et cravate.
Pourtant, ce vieil emmerdeur nous est profondément sympathique. Derrière la carapace dure nous soupçonnons déjà un profond respect et un grand amour d’autrui. Ainsi commence le déroulement d’une histoire truffée de situations hilarantes et de moments qui vous irons tout droit au coeur.
Vieux Râleur et Suicidaire n’a qu’une ambition, celle de vous faire passer un bon moment. C’est réussi à 100%. Par ailleurs, le livre jette un regard tendre, affectueux et compréhensif sur l’humanité. Que serions-nous sans nos défauts?!?!
Un moment de lecture ensoleillé.
Sans hésitation*****
  
 HPK

samedi 21 novembre 2015

Le Cafard de Martin Heidegger; Yan Marchand et Matthias Arégui

Ce petit volume fait partie de la collection “Les petits Platons” qui s’adresse à des lecteurs de 9 à 99 ans. L’objectif de l’éditeur est de rapprocher les pensées des grands philosophes, d’une façon astucieuse , amusante et pertinente, à un public de tous âges.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’édition est merveilleusement réussie. La matière première, le papier, est de grande qualité, les illustrations collent bien au contenu, témoignent d’originalité et de créativité, enfin le texte est rédigé avec amour, humour et respect pour les idées des grands penseurs de ce monde.
Ainsi le petit cafard Martin promène ses angoisses et interrogations existentielles à travers le corps du défunt philosophe. Il rencontre l’escargot Épicure, un peuple de fourmis... Le lecteur assiste à une étonnante mise en lumière de la pensée d’un philosophe dont l’écriture et le vocabulaire hermétique effrayent, depuis toujours, les scolaires et étudiants, forcés de se confronter à lui.
Une réussite totale.
Cependant , une petite restriction. A la fin de l’histoire, quelques commentaires par rapport au contenu seraient utiles pour bon nombre de lecteurs.
Évidemment *****, à consommer sans aucune modération!
HPK

jeudi 19 novembre 2015

Meurtres pour Rédemption; Karine Giebel

Il doit être difficile le dépasser la noirceur de l’imagination de Karine Giebel. C’est une grande spécialiste des situations, d’emprisonnement, d’enfermement, de l’angoisse dans l’isolation sans espoir, de la solitude oppressante, de la torture physique et psychologique. L’univers de l’auteur est celui de la souffrance, du désespoir, de la tromperie, de la violence...
Le titre annonce le programme. Le personnage central est Marianne, une jeune femme qui a pris perpète, pour meurtre. Son séjour en prison est une suite de brutalités subies et distribuées, de séjours en cellule d’isolation et une histoire d’amour braque avec un gardien, sur fond de corruption et d’exploitation sentimentale et sexuelle, dans un monde où personne ne fait des cadeaux.
Pourtant, un jour, une porte semble s’ouvrir. Mais quel sera le prix à payer? La suite est époustouflante, haletante, rebondissante. La fin est ténébreuse, pessimiste, menaçante.
Les 989! pages de l’édition Fleuve Noir Pocket se passent pour la moitié en prison. Ma seule remarque restrictive concerne la longueur pénible d’un début caractérisé par des excès de violence. Suite et fin sont un vrai régal en matière d’action et de suspense.
Je donne **** Accrochez vous!!!
HPK

jeudi 12 novembre 2015

Apprendre à vivre; Luc Ferry

Pour être clair dès le départ, je donne **** pour ce petit livre lumineux.
Ferry nous présente une histoire de la philosophie, un enchaînement fascinant de l’évolution de la pensée humaine. En commençant par les stoïciens de l’antiquité, en passant par le christianisme, il arrive à l’humanisme comme berceau de la pensée moderne, passe par la postmodernité et le cas de Nietzsche, pour terminer avec la philosophie contemporaine et ses idées personnelles.
Un authentique “page turner” philosophique, impossible à abandonner en cours de route.
Mais attention!
Le titre, à mon avis mal choisi, annonce le genre “coaching existentiel” qui peuple en quantité les rayons de certaines librairies. Les lecteurs ciblés par ce type de littérature seront déçus.
L’appréciation du contenu à sa juste valeur passe par un intérêt pour et une familiarité, au moins superficielle, avec les philosophes et la philosophie.
Le langage universitaire, un peu bavard, l’abus de phrases à rallonge, truffées de propositions subordonnées, souvent superflues, peut rendre  l’accès direct, à l’essence du texte, difficile pour certains lecteurs.
Ces restrictions faites je ne peux que dire:
“A lire absolument”.
 
HPK
 

vendredi 6 novembre 2015

Ah! Ca Ira...; Denis Lachaud

En 2016, Antoine, sous le pseudonyme de Saint-Just, a participé au commando qui a enlevé et exécuté le Président de la République. Vingt-et-un ans plus tard, il sort de prison et découvre que rien n'a vraiment changé. 
La politique-fiction a le vent en poupe. On se rappelle le ramdam occasionné par le dernier Houellebecq qui imaginait une France islamisée en 2022. La science-fiction a ce pouvoir de décrire un monde qui nous est autant proche qu'étranger, un futur possible, où les problèmes d'aujourd'hui sont les réalités de demain. Si, selon la définition de Stendhal, "le roman est un miroir qui se promène sur une grande route", alors la science-fiction est un miroir déformant. 
Jugez plutôt:
Dans la France de 2037, les migrants sont parqués à l'intérieur des villes dans des Zones de Séjour Temporaire (ZeST), l'explosion de la centrale nucléaire de Pierrelatte a fait de la Drôme un no man's land, la Grèce, exclue de l'Union Européenne, connait une nouvelle dictature militaire, les loyers parisiens sont de plus en plus chers, les cités de plus en plus isolées. Plus encore qu'en 2022, la révolte gronde. 
Le roman nous invite à suivre plusieurs personnages. Antoine, qui a bien du mal à se réhabituer à la liberté, sa fille Rosa, et son ex-femme Chloé, bénévole dans une ONG qui s'occupe des migrants. Ahmed, marchand de primeurs, qui, enfant, a quitté le Maroc. Ekaterini, qui a fui la Grèce en guerre dans l'espoir d'une vie meilleure. Enfin, il y a un mystérieux groupe terroriste qui fait depuis vingt ans régner la terreur chez les hommes d'affaires et les politiques corrompus. 
Les causes de l'insurrection à venir sont connues. Reste les moyens. Et là, le roman qui était déjà passionnant devient haletant. Comment en effet changer un système où tout semble verrouillé? En piochant dans les moyens d'action déjà utilisés de nos jours, Denis Lachaud arrive à rendre le scénario crédible.
Si beaucoup de romans pèchent par nombrilisme ou manque d'ambition, ce n'est pas le cas de celui-ci. Cette relecture de la Révolution Française nous montre que rien n'a vraiment changé depuis 1789, et que les lanternes pourraient bien se rallumer. 

Jean.

lundi 2 novembre 2015

La Sonate de l'Anarchiste; Etienne Guéreau


Paris. 1894. Fédor est un jeune pianiste insatisfait: quand il interprète les œuvres d'autres grands compositeurs, le public s'ennuie, mais, quand il joue ses propres compositions, il plonge celui-ci dans la transe. Cet étrange pouvoir, plutôt que de faire son succès, lui attire des ennuis quand un étrange commissaire de police décide de l'utiliser à son profit. 
On avait aimé le premier roman d’Étienne Guéreau (Le clan suspendu, maintenant disponible en poche), et on adore ce nouvel opus à la frontière du policier historique et du roman fantastique, bien servi par une plume impeccable. Complots, policiers corrompus, bombes anarchistes et femmes fatales, rien ne manque pour faire de ce livre un moment de plaisir. Avec ses deux casquettes de musicien et d'écrivain, l'auteur nous livre une fascinante métaphore du pouvoir ensorceleur de la musique, et ensorcelés nous sommes.

Jean.

mardi 1 septembre 2015

Juste Avant l'Oubli; Alice Zeniter

Rentrée littéraire 2015
Qu'est ce qu'ont les personnages ces temps-ci avec leurs prénoms? Comme dans La Revanche de Kevin de Iegor Gran, où le héros porte le sien comme sa croix, le personnage principal du ci-roman ne supporte pas le sien. 
Franck, donc, doit à la fois supporter les préjugés associés à son prénom et le départ de la femme de sa vie pour Mirhalay, une minuscule île de l'archipel des Hébrides. Qu'allait-elle faire dans cette galère? Cette île est intimement liée à son plus fameux habitant: Galwin Donnell. Comme Marcel Proust et Illiers-Combray, James Joyce avec Dublin ou Newark pour Philip Roth, Mirhalay est devenu un lieu de pèlerinage pour les fanatiques de l'écrivain. Cette fascination est accentuée par la fin tragique et mystérieuse de celui-ci. Cet îlot battu par les vents est un véritable lieu de culte littéraire.
Franck voulait un enfant, et Émilie voulait quitter son poste au collège pour mener une thèse sur Donnell. Ce qu'elle fit. Trois mois plus tard, dans une tentative de reconquête désespérée, Franck se rend à Mirhalay où doivent se tenir les Journées d’étude internationales consacrées au génie disparu. Isolé au milieu des universitaires, comment va réagir notre héros? Parviendra t'il à reconquérir l'oublieuse Émilie?
Pour l'instant, ce roman est un de mes chouchous de cette rentrée littéraire, pour la simple et bonne raison qu'il s'agit d'un livre extrêmement malin
Il existe des shampoings deux-en-un (il existe même des shampoings deux-en-un triple efficacité. Nous vivons une époque formidable!), et bien Alice Zeniter invente le roman deux-en-un! Rendez-vous compte: pour le prix somme toute modeste d'un livre (19€ TTC), vous êtes en fait l'heureux possesseur de deux livres également aimables!
Le premier relate l'histoire d'une tentative désespérée de recoller les morceaux d'un amour. Sans sombrer dans le mélo, l'auteur nous donne à voir toute l'impuissance de Franck, et le malheur qui l'accable.
Le second c'est l'entreprise de création d'un écrivain fictif *. Nous allons donc devenir nous-mêmes des spécialistes de Galwin Donnell (un personnage absent mais pourtant omniprésent). Sont intercalées dans les aventures de Franck et d’Émilie, des citations de Donnell, des interventions d'exégètes, même une simili page Wikipédia sur l'expression "porc-chien" (sic). On sent bien le plaisir qu'a pris l'auteur a créer de toute pièce un confrère. Se pose aussi la question de la postérité d'une œuvre littéraire. Que reste-t'il de Donnell alors que sa vie et son œuvre sont soigneusement disséquées? Alice Zeniter devient satiriste lorsqu'il décrit le petit monde universitaire, où tout le monde se tire plus ou moins dans les pattes, monde qu'elle semble bien connaître. 
Un savant mélange qui en fait une lecture délicieuse. Chapeau!

Jean.
 
*Oui, oui, comme dans le  Harry Quebert de Joël Dicker _qui sort un nouveau livre le 30 septembre, vous voilà prévenus_ mais de manière bien différente, pour ne pas dire plus subtile.

jeudi 27 août 2015

Aux Portes de l'Eternité; Ken Follett

Ce pavé impressionnant est le point final d’une saga historico-familiale, en trois volumes. Le premier, La Chute des Géants, retrace l’itinéraire de plusieurs familles de provenance allemande, américaine, russe et anglaise devant les coulisses de l’histoire européenne entre 1900 et 1920. Le second L’Hiver du Monde, poursuit le conte dynastique pour la période jusqu’en 1945. Le troisième utilise comme toile de fond la guerre froide et la lutte pour les droits civiques de la population afro-américaine.
En effet, les 1.159 pages de la version originale, anglaise, du troisième volet se lisent comme une “lettre à la poste”. Follett est un conteur qui sait tirer toutes les ficelles de son métier. Plusieurs fils d’action se développent parallèlement, se rapprochent et se croisent, devant les évènements captivants qui ont caractérisé l’histoire de la deuxième moitié du 20ème siècle. L’utilisation savante de la technique du cliffhanger pousse constamment à continuer la lecture.
Pourtant, avant de tomber dans des superlatifs enthousiasmés, une prise de recul se révèle salutaire.
Le langage de Follet est très direct et simple. Il n’utilise pas de métaphores, ne cherche pas de fioritures. Il est plus journaliste qu’écrivain. Autrement dit, Aux Portes de l’Éternité est un produit “de consommation”, pas une œuvre littéraire.
Le point faible, ce sont les personnages. Nous ne sommes pas en face de femmes et d’hommes en chair et en os. Les acteurs prennent l’aspect d’artifices, de marionnettes animées par des bons sentiments dégoulinants et par une libido en éveil en toutes circonstances. Des ambigüités et des faiblesses humaines n’ont pas leur place dans un monde synthétique des “bons” et des “méchants”. Les relations familiales sont dignes d’un feuilleton télévisé de Rosamunde Pilcher.
Bref,  Aux Portes de L’Éternité est une bonne lecture pour une semaine de plage ou un long voyage en train ou avion. Une fois terminé on laisse le livre sur le siège, pour le prochain vacancier ou voyageur.
J’hésite entre ** et ***
HPK

samedi 22 août 2015

Péchés Capitaux; Jim Harrison

Rentrée littéraire 2015
 
Sunderson est un inspecteur de police à la retraite. Divorcé de Diane et père adoptif de Mona qui, au début du récit, bouleverse sa mère en laissant tomber l'université du Michigan pour suivre à New-York le batteur d'un groupe de rock qui monte. Elle s'apprête à s'envoler pour l'Europe. Comme on ne se refait pas, Sunderson va tenter de la retenir par tous les moyens. 
A ma grande honte, je n'avais jamais lu de romans de J. Harrison, ni même vu d'adaptation de ceux-ci*. C'est donc dans un état quasi-virginal que je me suis lancé dans la lecture de Péchés Capitaux, et ça a été une révélation.
Sous-titré à bon escient "faux roman policier", le livre mélange allégrement plusieurs ingrédients. Tout d'abord, le livre s'ouvre comme un polar, avec un flic forcément alcoolique perdu dans la Grosse Pomme, à la recherche d'une jeune fille qui a déjà tout de la femme fatale. Dans la deuxième partie du livre, Sunderson va devoir affronter une bande de rednecks sortie tout droit de Deliverance, pour les beaux yeux d'une très jeune femme, Monica. Alors que Sunderson a acheté pour la modique somme de 30000$ (bien mal acquis), un charmant chalet, il fait la connaissance des Ames qui terrorisent le comté. Affreux, sales et méchants, violents, incestueux et alcooliques, ils représentent la face sombre de l'Amérique. Le lecteur est alors en plein western, avec coups de feu et morts violentes. Les Indiens sont mêmes représentés à travers la figure du fidèle Marion, le colossal et fidèle comparse de Sunderson. On ne peut que penser à ces formidables romans noir qui explorent cette autre Amérique**.
Enfin, derrière le déguisement, derrière les péripéties, il y a des motifs qui reviennent, et qui font de ce livre un portrait en creux de Jim Harrison. La pêche à la truite, l'amour de la bonne chère, les femmes, l'alcool, la littérature, l'hyperactivité sexuelle, voilà ce qui constitue son ADN. Le ton devient grave quand son héros médite sur les sept péchés capitaux auxquels il ajoute un huitième: la violence. C'est cette réflexion qui va le pousser à tenter d'écrire un livre, ce qui n'est pas chose aisée. Péchés Capitaux devient alors une réflexion sur l'écriture à la fois à travers la figure de Sunderson qui voudrait écrire mais qui n'y arrive pas, et celle du personnage de Lemuel Ames qui tente de consacrer un livre à sa famille. Ayant fait de Sunderson son lecteur,dans un habile jeu de miroir, il lui apporte son témoignage chapitre après chapitre pour avoir son avis, au grand dépit de ce dernier.
Un livre-monde donc, faussement simple, qui supportera sans broncher plusieurs lectures.

Jean.


*le fameux Légendes d'Automne, avec Brad Pitt et Anthony Hopkins; ou le moins fameux Vengeance avec Kevin "Keviiiiiiiiiiin" Costner.
**Le Diable, Tout le Temps; Le Seigneur des Porcheries, pour ne citer que les deux premiers qui me viennent à l'esprit.

lundi 10 août 2015

Les Ennemis de la Vie Ordinaire; Héléna Marienské

Rentrée littéraire 2015

Qu'ont en commun Günther, Pablo, Jean-Charles, Mylène, Élisabeth, Mariette et Damien? Deux choses: une addiction qui les empêche de mener une vie normale, et Clarisse, une psychologue qui est persuadée que la thérapie de groupe est la solution pour les soigner. Ce groupe de parole va avoir un effet bœuf, bien loin de celui recherché par la thérapeute.
Un seul mot d'ordre pour ce roman très réjouissant: la surprise. On croit d'abord mettre les pieds en plein mélodrame, mais c'est vers le terrain de la satire que Héléna Marienské nous entraîne sans même qu'on y prenne garde. La psychanalyse en prend pour son grade. La société contemporaine aussi, celle qui voudrait nous soigner tout en nous intimant la consommation et la performance. L'auteur prend un malin plaisir à dynamiter les convenances, et elle le fait avec brio. 
A découvrir!

Jean.

Sortie le 19 août

mardi 23 juin 2015

Black-Out; Marc Elsberg


Ce pavé de 800 pages fait excellente figure dans les catégories “Thriller Scientifique” et “Roman de Catastrophe”.
 
Un beau jour les lumières s’éteignent en Europe, l’alimentation en électricité a soudainement cessé de fonctionner. Elsberg raconte d’une façon fascinante à quel degré nous dépendons, dans les gestes et les besoins des plus simples de notre vie, de la disponibilité des conquêtes de notre évolution technologique. L’Europe est plongée dans un chaos, décrit jusqu’aux moindres détails horribles. L’homme civilisé est incapable de survivre sans les acquis de la civilisation. La noirceur du scénario donne des frissons, éveille des peurs primaires, tient le lecteur en haleine. Nous sommes très proches d’une réalité possible.
 
Parallèlement se développe l’enquête des deux personnages principaux, l’informaticien Manzano et le Commissaire Bollard. Il est de plus en plus probable qu’une cyber attaque soit à l’origine de la situation cauchemardesque.
 
L’aspect formidable de ce livre, écrit dans un style journalistique, est que son contenu est terriblement crédible.
 
Ne ratez à aucune condition cette lecture*****

HPK

jeudi 18 juin 2015

Les Intéressants; Meg Wolitzer

Nous sommes dans les années 70, dans un camp de vacances de la côte Est des États-Unis destinés aux ados de bonne famille. Un petit groupe se forme et, à sa grande surprise, Julie ("Jules") va en faire partie, elle qui n'a rien de remarquable. C'est son histoire et celle des "Intéressants" que le lecteur va suivre sur près de quarante ans.
J'avais beaucoup aimé La Position du même auteur, qu'on retrouve en poche chez 10/18, et j'ai encore plus aimé ce roman-ci. Avec un tel succès, il va falloir traduire toute l’œuvre de Meg Wolitzer, qui compte dix romans qu'on lira avec une même joie. 
Ne passez pas à côté de ce livre inoubliable.

Jean.

mardi 9 juin 2015

Le Parcours du Combattant; Michael Malone

Raleigh, assureur, a une vie plus que routinière. Son quotidien se retrouve bouleversé le jour où son père s’enfuit de l’hôpital, avec une jeunette qu’il veut épouser… Raleigh part donc à sa recherche.  Pour le retrouver, son père le met au défi de réaliser une série «d’épreuves». Que la quête commence !!
Un roman loufoque, à l’humour grinçant, qui dresse le portrait de l’américain moyen. L’auteur nous tient en haleine plus de 900 pages. Une bouffée d’air frais !

Hélène


vendredi 29 mai 2015

Frank Sinatra dans un Mixeur; Matthew McBride

Parfois, il y a des titres qui vous interpellent sans que vous sachiez pourquoi. Ce n'est pas le cas pour ce livre-ci: je suis suffisamment fan de Sinatra pour m'étonner qu'on veuille le mettre dans un mixeur. Venant d'un écrivain américain en plus: il y a quasiment crime de lèse-majesté! Pourquoi pas Marylin Monroe dans un micro-ondes tant qu'on y est? 
Ce qui réjouira les mélomanes (et moins Brigitte Bardot), c'est qu'ici Frank Sinatra est un chien "mi-yorkshire, mi quelque-chose d'autre". Je vous laisse imaginer l'engin. Cette bête qui n'est pas de concours appartient à Nick Valentine, un détective privé franchement porté sur la bouteille. 
Ce qui commence comme un pastiche de roman noir à la Chandler finit par vous tenir en haleine (chargée) avec une histoire bien fichue de braquage raté, de magot égaré et de truands sadiques. On pense tout autant au Reservoir Dogs de Quentin Tarantino qu'aux films de Guy Ritchie (Snatch en tête).
Je crois que depuis le Leaving Las Vegas de John O'Brien, je n'avais pas lu une histoire où le héros s'en mettait autant dans le cornet.
Un excellent cru à consommer sans modération!

Jean.



samedi 9 mai 2015

Piège Nuptial; Douglas Kennedy

Ce petit livre est un authentique bijou. L’auteur est un voltigeur du deuxième degré qui réussit, avec aisance, le grand écart entre l’horreur noire et le comique désopilant.
Un journaliste américain frustré, instable se rend en Australie pour prendre de l’air. Echoué dans le haut nord, à Darwin, il achète un véhicule délabré et part dans l’immensité insondable du outback. Au bord de la route il rencontre une grande, blonde, autostoppeuse. Après quelques parties de jambes en l’air sportives, elle lui dit: “Tu feras l’affaire.” Le “Piège Nuptial” se ferme alors irrémédiablement.
Si cette histoire est complètement invraisemblable, elle paraît pourtant possible au lecteur qui s’est déjà frotté aux grandes étendues désolantes du “down under” et à la mentalité singulière de leurs habitants clairsemés.
La traduction est très réussie, la lecture jubilatoire.
Un excellent *****
HPK

mercredi 6 mai 2015

Au moins il ne pleut pas; Paula Jacques

Solly et Lola, frère et sœur, débarquent à Israël en espérant une vie meilleure qu’en Égypte. Ils sont alors hébergés chez deux femmes, au caractère bien trempé, rescapées du camp de Ravensbrück. Très vite les non-dits s’installent … 

Un roman passionnant, dense, qui fait passer le lecteur du rire aux larmes et qui montre les difficultés de l’Israël des années 60 : un état en construction.

Vous connaissez peut-être Paula Jacques pour ses chroniques sur France Inter, découvrez, si ce n’est déjà le cas, ses talents d’écriture.

TRÈS RÉUSSI !!                                                

Hélène

lundi 4 mai 2015

Baronne Blixen; Dominique de Saint Pern

Cette biographie s’adresse à des publics bien ciblés: A la niche des inconditionnels du chef d’œuvre de Sidney Pollack, “Out of Africa” et plus largement, à tout ceux qui aiment des destins de femmes hors du commun.
L’histoire est racontée de la perspective de Clara Svendsen, bonne à tout faire, accompagnatrice, secrétaire et confidente de la baronne pendant de longues années après son retour d’Afrique.
La première partie projette le lecteur dans le Kenya de l’époque coloniale. Chaque page respire le souffle épique du film: Une peinture monumentale d’un attachement profond à L’Afrique, de la relation amoureuse avec un homme providentiel, si proche de Karen et pourtant inatteignable dans la cage dorée de sa liberté. J’ai revu les images, j’ai entendu les dialogues et la musique d’un film que j’ai vu maintes fois. J’étais ému!
La deuxième partie retrace sa “carrière” d’écrivain, son itinéraire dans les salons de la bourgeoisie cultivé danoise, ses intrigues... Cependant, l’amour d’Afrique ne l’a jamais quitté.
Reste l’image d’une femme qui a vécu pleinement, avec ses propres contradictions et celles des autres.
Je donne ****
HPK

vendredi 10 avril 2015

Et je danse aussi; Anne-Laure Bondoux/ Jean-Claude Mourlevat


Quand deux auteurs estampillés "jeunesse" se lancent dans l'écriture d'un livre à deux mains ça donne une petite merveille de roman épistolaire!
C'est l'histoire d'un écrivain qui reçoit un beau jour un mystérieux colis. Persuadé qu'on lui envoie encore un manuscrit, il ne l'ouvre pas mais, comme l'expéditrice a laissé son adresse mail derrière le pli, il lui écrit. Entre Pierre-Marie, l'écrivain en panne d'inspiration, et Adeline, la Sarthoise, se dessine au fil des messages, une relation. 
Les oiseaux chantent, le soleil brille, les jonquilles pointent le bout du nez: à cette ambiance printanière (et pour certains, vacancière), on vous conseille chaudement l'addition de cette jolie lecture.

 Jean. 





samedi 4 avril 2015

Chroniques du temps présent II; Luc Ferry


Une très bonne amie m’a offert ce volume, acheté dans ma librairie préférée.
C’est un recueil de chroniques publiés dans “Le Figaro” de 2011 à 2014. Luc Ferry ne va pas par quatre chemins, tout comme le journal dans lequel il publie, il est indubitablement et décidément de droite. Ceci n’enlève rien à la qualité de ses propos, même du point de vu d’un lecteur portant le cœur à gauche.
L’ensemble des grand sujets d’actualité est passé en revue: Art contemporain, éducation, évolution de la Gauche, comment vieillir, religions, port du voile, mariage gay.... Chaque sujet est traité en moins de 3 pages, les prises de position sont claires, érudition et grande culture générale transpirent entre les lignes. Un authentique régal!!! *****
Les 383 pages peuvent se lire d’un seul trait ou par petits bout, en ordre dispersé, au gré des sujets traités. Un beau cadeau pour tous ceux qui aiment l’actualité.
HPK

jeudi 2 avril 2015

Tout Peut Changer; Naomi Klein


La journaliste canadienne n’est pas une inconnue. Ces livres précédents, No Logo *****, sur la tyrannie des marques et La Stratégie de Choc*****, sur le capitalisme néolibéral déchaîné de Milton Friedmann, ont été dévorés par des millions de lecteurs dans le monde entier.
Son apparence, un peu fragile, trompe. Klein est une militante passionnée et hargneuse, une enquêtrice méticuleuse, une chroniqueuse qui prend son sujet à la gorge et ne le lâche jamais. Cette fois, elle se jette sur le changement climatique et son associé, le capitalisme débridé.
Ainsi son livre documente les effets dévastateurs de la surexploitation des ressources d’énergies fossiles sur des vastes régions d’Amérique du Nord et sur leurs habitants. Klein nous parle des promesses hypocrites des grandes compagnies pétrolières, du combat inégal entre les populations et les intérêts financiers gigantesques. Sa prose puissante nous secoue, nous fait réfléchir. Elle met la pression, il est temps d’agir sinon...
Oui, tout peut changer! En meilleur ou en pire???

Tout Peut Changer est une lecture ****, indispensable pour tous ceux qui veulent “sauver la planète”. Pour tous les autres ce livre est hautement recommandable.
HPK

lundi 30 mars 2015

Le Voleur de Livres; Alessandro Tota, Pierre Van Hove

 
En 1953, Daniel Brodin, un jeune étudiant en droit qui ne rêve que de littérature, se fait remarquer par le Tout-Paris en déclamant lors d'une soirée un poème révolutionnaire. C'est un triomphe. Seul problème: le texte n'est pas de lui, mais d'un obscur poète italien. De fil en aiguille, Brodin va se lier à un groupe de marginaux qui vont l'initier à une autre façon de vivre.  
On peut toujours compter sur la maison Futuropolis pour sortir des romans graphiques d'une qualité rare, jusqu'au papier (ici un Munken Pure 130g, les mains perçoivent la différence). J'ai tellement aimé Le Voleur de Livres que je l'ai lu deux fois de suite, avec avidité. 
C'est une ballade dans le Paris d'après-guerre, avec ses lieux connus (la mythique librairie Le Minotaure) et ses grandes figures (Sartre et de Beauvoir, René Char, Gaston Gallimard). La mécanique romanesque repose sur la confrontation entre deux milieux perméables: des "bourgeois-bohèmes" d'un côté et, de l'autre, une bande de voyous qui ne rêve que de bousculer la bonne société. Entre eux deux, le personnage principal, qui visait l'un des deux milieux mais se retrouve finalement dans l'autre. C'est un roman d'initiation, où Brodin, le provincial, va s'initier à tous les vices que peut offrir la capitale. A travers ses yeux, le lecteur découvre ce monde si singulier. Plaisir de lecteur enfin, où notre mémoire visuelle est sans cesse sollicitée: là c'est un sosie de Paco de Lucia qui gratte dans une cave, là, un second rôle qui ressemble étrangement à un jeune Depardieu, période Claude Sautet.
Un régal on vous dit!

Jean.


vendredi 27 mars 2015

On entend l’arbre tomber mais pas la forêt pousser; Nicolas Bouzou

Pour mettre les choses au clair dès le départ: ***** Sans aucune hésitation!
 
Ceux qui suivent l’actualité économique connaissent l’auteur, invité fréquent sur les plateaux de télévision et dans les “talk shows”, économiste à l’élocution supersonique et engagée.
 
Le titre, un proverbe touareg, dénonce un malaise de la société médiatisée: Les mauvaises nouvelles font du bruit, les bonnes restent inaudibles.
 
Nicolas Bouzou invite le lecteur à un fascinant voyage à travers l’histoire du progrès technique et les conséquences qu’il amène. Ainsi l’histoire de l’économie n’est pas faite de “changements dans la continuité”. Des ruptures secouent le corps social, l’industrie, la finance, la politique, quand un monde “ancien” tombe en ruines pour que le monde nouveau puisse émerger. Cette “destruction créatrice” est douloureuse mais aussi pleine de promesses.
 
Le livre est un plaidoyer passionné pour l’innovation et la croissance, un regard réaliste sur le présent, plein d’espoir sur l’avenir.
 
M. Kuhn


mardi 17 mars 2015

Academy Street; Mary Costello



Tout commence dans la campagne irlandaise des années 40, Tess est une petite fille de sept ans dont on comprend vite que la maman vient de mourir de la tuberculose. Le roman raconte l'enfance de Tess en Irlande puis sa vie aux États-Unis où elle part rejoindre sa sœur aînée.
Il y a des livres qui vous laissent indifférents, et il y a les autres. Ce portrait de femme en quête de l'amour dont la vie l'a sevré trop jeune frappe par sa justesse. On se laisse porter par une langue poétique qui charrie un flot d'émotions contradictoires, jusqu'à une conclusion lumineuse. Un roman puissant et inoubliable.


jeudi 12 mars 2015

Dans la Peau d’une Djihadiste; Anne Erelle

Le blog ouvre ses pages aux amis de la librairie, et de coup de cœur aujourd'hui, il s'agit plutôt d'un coup de griffe. Rappelons que l'avis développé n'engage que son auteur. 

Le lecteur, avide d’information sur les motivations des djihadistes, sur les méthodes machiavéliques de recrutement, se trouve projeté dans l’univers d’une jeune pigiste travaillant pour un journal parisien. Dans le cadre de son enquête elle prend la fausse identité d’une convertie à l’islam, panoplie vestimentaire incluse et plonge dans les profondeurs de l’internet, à la recherche de l’âme sœur.
Dans l’intimité des “chat-rooms” virtuels, un candidat ne tarde pas à matérialiser. Sur skype elle découvre un homme imposant, basané avec lunettes de soleil grande marque. Le prétendant doit se contenter du peu que le niqab de sa belle laisse apparaître.
Les conversations tournent autour des bonnes conditions de vie des femmes dans l’état islamiste, de l’héroïsme du djihad et d’une prochaine réunion du couple, l’héroïne se complaisant à jouer la vierge effarouchée.
Les tribulations de la pigiste trouvent leur apogée dans une crise d’identité, induite par sa double personnalité.
  
Circulez, il n’y a rien à voir. Ce bouquin est écrit à la va vite, ni documentaire ni thriller. Grossière erreur marketing d’un éditeur qui voulait profiter d’une actualité horrible.

M. Kuhn


dimanche 1 mars 2015

Enfant Terrible; John Niven

Kennedy Marr est un scénariste star. Autrefois irlandais, écrivain en galère puis à succès, père de famille, il a tout laissé derrière lui pour brûler ses ailes au soleil de Hollywood. Franchement érotomane, passablement alcoolique, farouchement célibataire, il va pourtant devoir accepter une proposition qui lui fait horreur pour se sortir des griffes du fisc: retourner s'enterrer en Angleterre pour y enseigner l'écriture. 

Les amateurs de la série Californication seront en terrain connu, tant Kennedy Marr a des points communs avec Hank Moody (dans la saison 3, celui-ci devient un éphémère enseignant), mais, autant ce dernier ne rêve que de reconstituer sa famille, Kennedy ne pense qu'à la fuir. La première partie du roman est une satire efficace de Hollywood, ce monde de faux-semblants dont le cinéma et la télévision nous ont rendu les lieux familiers (on pense à Somewhere de Sofia Coppola, à Maps to the Stars de Cronenberg, évidemment à Mulholland Drive de Lynch, et aux excellentes séries Entourage et Party Down). On y croise des serveurs qui sont forcément acteurs, des jeunes beautés qui se vendent à des barbons richissimes, et des stars en devenir. Le roman prend ensuite son rythme de croisière quand Kennedy troque le soleil de la Californie pour l'humidité anglaise. 

Un livre qu'on prend plaisir à lire, qui n'est pas sans rappeler, comme le signale à juste titre la quatrième de couverture, le travail de Jonathan Trooper. L'auteur, dont c'est le premier roman traduit en français, fait montre d'un sens consommé de l'intrigue et de la mise en scène. On rit beaucoup. 

JEAN

http://www.librairiethuard.fr/9782355843105-enfant-terrible-john-niven/#

dimanche 4 janvier 2015

Soumission; Michel Houellebecq


Difficile de passer à côté de la sortie du nouveau livre de Michel Houellebecq en cette rentrée littéraire d'hiver. Son auteur faisait entre autres la couverture de Libération de ce premier weekend de 2015, où, en chemise mal boutonnée, il se tient sur un fond rouge, couleur de la passion que son livre semble condamné à provoquer. 
Un nouveau livre de Houellebecq est, qu'on le veuille ou non, toujours un événement. Bien loin de la consensualité qui semble régner bien trop souvent dans les Lettres, les livres de Houellebecq mettent le doigt dans les plaies de nos sociétés contemporaines. Après avoir traité du délitement de la cellule familiale dans Les Particules Elementaires, du tourisme sexuel dans Plateforme, des dérives sectaires dans La Possibilité d'une Île et des errements de l'art contemporain dans La Carte et le Territoire, voilà que dans son nouvel opus l'auteur se pique de politique et invente une situation inédite. Nous sommes en 2022, François Hollande finit son deuxième mandat, obtenu face à l'extrême droite. Mais la France, habituée à l'alternance, va connaître une situation inédite: se retrouvent au second tour la candidate de l'extrême-droite et celui de la "Fraternité Musulmane". Dans ce climat politique incertain, François, professeur de Lettres à la Sorbonne et spécialiste de Huysmans, connaît une crise personnelle. 
Autant le dire tout de suite: ce serait trop facile de réduire Soumission à un brûlot politique. Comme dans tous les romans de Michel Houellebecq, c'est d'abord le portrait d'un homme en crise, à l'image de son époque. François est une enveloppe vide: pas de famille, pas vraiment d'amis, dans une relation déséquilibrée et insatisfaisante avec une jeune étudiante juive que l’avènement d'un pouvoir musulman ne cesse d'inquiéter, pratiquant le sexe en consommateur blasé, insatisfait d'une carrière professionnelle sans éclats et profondément misanthrope. 
Pourtant, comme pour Michel, l'anti-héros de Plateforme, l'amour rédempteur peut advenir. C'est la révélation de celui-ci par la disparition de l'être aimé qui va précipiter François vers sa perte, à moins que le salut vienne d'un Amour encore plus grand. A plus d'un siècle d'intervalle, le spécialiste de Huysmans va partager le destin spirituel de son devancier. 
Il faut débarrasser le texte de Houellebecq de ses déguisements (la provocation, le cynisme, la polémique, la crudité) pour y découvrir le portrait saisissant d'un homme vide en quête d'absolu, thème qui traverse toute l’œuvre de l'écrivain*. Une fois le ménage fait, on peut y trouver de belles choses, comme cette définition de la littérature: "Seule la littérature peut vous donner cette sensation de contact avec un autre esprit humain, avec l'intégralité de cet esprit, ses faiblesses et ses grandeurs, ses limitations, ses petitesses, ses idées fixes, ses croyances: avec tout ce qui l'émeut, l'intéresse, l'excite ou lui répugne. Seule la littérature peut vous permettre d'entrer en contact avec l'esprit d'un mort, de manière plus directe, plus complète, et plus profonde que ne le ferait même la conversation avec un ami".

JEAN.

*Dans Plateforme, l'absolu c'est l'amour. Dans La Carte et le Territoire, c'est l'art. Dans Les Particules Elementaires et La Possibilité d'un Île c'est l'immortalité.